
Je vous invite à voir & revoir la neuvième partie des mémoires de Monsieur Abdelmalek Belhadj-Mostepha publiée le 20/08/2007
La fin de l’année scolaire arriva, et un
nouveau découpage territorial fut établi pour la rentrée suivante Je me retrouvai alors dans une nouvelle circonscription, celle de Constantine 6
ou, plus familièrement ‘la 6’ qui en plus de quelques écoles à Constantine couvrait toute la zone rurale allant du chef –lieu de wilaya à
Skikda, passant par Zigoud Youcef, El-Harrouch, Azzaba et Ramdhane Djamel( ex Saint
Charles ).
Comme collègues de travail, j’héritai de Hacéne Benarabcomme inspecteur et Mohand Belhocine, Que Dieu ait son âme comme conseiller pédagogique. Ce dernier, surnommé, je ne sais « Chaab » méritait bien ce surnom tant il était populaire. Hacéne m’apprit qu’il avait été l’élève de mon père à l’école coranique et que c’était une « Falaka » qui lui avait fait quitter la classe. Une « Falaka » est une punition. Elle consiste en quelques coups de bâton administrés sur la plante des pieds, au niveau des chevilles et levés vers le haut par deux élèves. On plaisanta de cet incident et Hacéne me dit qu’il ne m’en tenait pas rigueur à mon père.
La parenthèse refermée il fallut organiser notre circonscription et notre travail. ‘ Chaab’ et moi avions établi la liste de tout le personnel nécessitant un suivi permanent et avions fait un partage des écoles et des enseignants.
Bon appétit :Les Djabbar et nous.Séjour à Kerkera (Collo). Juillet -Août 1972
Je venais d’acquérir une « deux chevaux « citroen, la ‘p’tite chevaux’ disait Chaab, très pratique pour les pistes, et qu’il pleuve ou qu’il vente, nous étions tout le temps sur les routes.
Je me souviens d’un jour où, sur le col d’El-Kantour entre Constantine et Skikda, il y avait, non un brouillard à couper au couteau, mais plutôt à la hache. Je ne voyais pas à dix mètres devant moi et pour éviter de nous retrouver dans le précipice, Chaab avait quitté la voiture, marchait devant moi et je le suivais au pas jusqu’à la dissipation du brouillard.
Lorsque notre circuit ne passait pas par El-Harrouch ou Azzaba pour manger à midi dans un restaurant, la ‘bobonne’ du Chaab, c’est ainsi qu’il appelait son épouse, ou la mienne nous préparaient des casse-croûtes bien copieux. La halte devait répondre à trois critères : ‘un lieu se trouvant sous un arbre, face au soleil et à l’abri du vent’.
Lorsqu’il m’arrivait de choisir li lieu de notre repas, je me faisais presque toujours chambrer par mon ami. Il y avait toujours un critère que n’était pas rempli. Il faut dire que, bien que je fus un ancien scout, le système D m’était totalement étranger. Il nous arrivait aussi de sortir à trois dans la voiture de Hacéne, une Peugeot 40 w surnommée, je crois ‘ Annabelle’ notamment lorsqu’il s’agissait d’examens scolaires ou d’inspections de titularisation. Il nous arrivait aussi, à trois, de nous arrêter à midi, chez nos amis Madame et Monsieur Salah Djebbar, directrice et directeur des deux écoles, garçons et filles de Ramdhane Djamel. Après le repas et le café bien chaussé comme on dit à Constantine, l’évocation de souvenirs communes et d’incidents amusants nous distrayait quelque peu.
Excursion avec la DDOCE dans le sud de gauche à droite Belhadj-Mostapha avec Belhocine (Chaab), sa fille, X et le chauffeur du bus.
Printemps 1972
Nos réunions pédagogiques, hebdomadaires étaient toujours préparées avec soin et rigueur et de visite en visite ou en ressentait les effets.
Les examens scolaires déroulaient surtout à El-Harrouch et Azzaba. Nous avions la chance de pouvoir compter à El-Harrouch sur Madame et Monsieur Lépire directrice de l’école et directeur du CEG et CET et à Azzaba sur Monsieur Rachid Kessous, Que Dieu ait son âme, directeur de l’école de garçons.
Malgré ces appuis, nous mettions toujours beaucoup de soin dans l’organisation et le déroulement de nos examens. Mais le sérieux et la rigueur ne dispensaient pas la camaraderie et de la joyeuse convivialité.
Une fois les résultats proclamés, il nous arrivait souvent de continuer sur Skikda et de ‘piquer une tête’ dans les eaux de la Méditerranée.
Notre travail était fait, et bien fait, et nous étions jalousés par les collègues des autres circonscriptions. Il faut dire aussi que nous disposions d’une très bonne secrétaire à l'efficacité avérée.
Bien plus tard, et au mois de février 1981, au seuil de la retraite, Hacéne Benarab adressa’' à toutes les éducatrices, à tous les éducateurs avec lesquels il m’a été donné de travailler’' une lettre dactylographiée libellée ainsi :’' A la veille de mes adieux à cette fonction enseignante et éducative à laquelle j’ai consacré les belles années de mon existence, ce n’est pas sans déchirement que je vous adresse cet ultime appel.Je m'en vais, le coeur lourd, mais d'avoir accompli mon devoir ,Instituteur d'abord, Inspecteur ensuite, j'ai la conviction d'avoir constamment donné le meilleur de moi-même au service de l'éducation nationale. Je sais n'avoir pas prêché dans le désert. Je sais avoir communiqué ma foi à beaucoup de ceux qui ont travaillé avec moi. J'ai vécu des moments de joie et d'exaltation...A présent que je me retire, je me permets de dire à ceux qui, par leur travail, m'ont donné de belles satisfactions, que j'éprouve et continuerai à éprouver pour eux une haute estime et une réelle affection. Qu'ils soient vivement remerciés d'avoir contribué à forger ma raison de croire en la réussite de notre école. Qu'ils demeurent fidèles à ce qu'ils ont été, à leur idéal. Ce sera la plus belle récompense qu'ils peuvent offrir à l'aîné qui leur fait ses adieux et qui voudrait s'en aller, rassuré sur la constance et la qualité de sa succession. Ce sera la consécration de sa langue carrière, le gage d'une retraite heureuse....Toute mon amitié."
Je reçus ma lettre à Skikda, et pour moi il ajouta, à la main : mes affectueuses pensées, et les regrets d'une séparation qui sonna les glas des belles années d'enthousiasme et de foi
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