Lundi 26 Novembre 2007



M.Abdelmalek Belhadj - Mostafa dans mon bureau corrigeant les premières parties de ses mémores publiées dans srigina .
 Dimanche 28 octobre 2007 à 11h00


Préface

Monsieur Belhadj-Motepha est venu incidemment à l'écriture après sa mise à la retraite. Il a , au cours d'une carrière professionnelle de quarante ans, zélée et bien remplie, exercé successivement les fonctions d'enseignant, de conseiller pédagogique, inspecteur de la langue française, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture. Il a connu, durant sa vie, les souffrances et les privations de la deuxième guerre mondiale, les affres de colonialisme, l'exaltation et la foi de l'après -indépendance mais aussi le ressentiment et l'espoir souvent déçu. D'une plume acerbe, il pourfend la bêtise et l'infâmie et glorifie le génie et le sens de l'honneur. Idéaliste confronté aux réalités de la vie, il a été le témoin de quelques événements qui ont marqué l'histoire du vingtième siècle. Son autobiographie, agréable à lire, recèle quelques anecdotes succulentes et certaines facettes de sa personnalité.
safir

Voir  les parties précédentes en cliquant sur:

(I); (II);  (III) ; (IV) ; (V) ; (VI); (VII); (VIII)

; (IX); (X); (XI); (XII); (XIII); (XIV). ( (XV) ); (XVI);

 

(XVII); (XVIII)  

(XIX)

(XX)

(XXI) 


(XXII)

II- Ma carrière professionnelle

-  à Constantine
-  à Skikda
   . Secteur de l'éducation
   . secteur de la culture

A la même époque, l’arrivée à Skikda d'un nouveau Chef de daïra (Sous- préfét) allait quelque peu diversifier la nature de mes activités. C'était Mr Boubekour qui venait de Constantine et que j'avais connu dans le passé. Dés la première réunion organisée au niveau de ses services, nous renouâmes nos liens d'amitié. Un jour, au cours d'une discussion, il m'apprit qu'il était à la fois étonné et désolé par l'indigence de la ville. Venant de Constantine, berceau de l'art et de la civilisation, il avait de quoi être étonné. Je lui donnai alors quelques informations sur de nombre et la situation des institutions culturelles de la ville et il me promit de me rappeler. Quelques jours passèrent. Un après –midi, il m'appela pour me demander de passer à son bureau après mon travail. Ce que je fis. Il me fis alors part d'un projet qu'il avait élaboré pour relancer l'animation culturelle dans la ville. Ce projet consistait à créer au niveau des quatre institutions de la ville : théâtre municipal(photo), conservatoire de musique, école des beaux arts et centre culturel Aissat Idir, des conseils de contrôle et de surveillance (CCS), de les doter de l'autonomie administrative et financière et de choisir pour chacune d’elle, un directeur. Après discussion sur les chances de réussite, j’adhérai finalement à son projet. Une réunion plus large, réunissant les personnes impliquées dans le secteur de la culture fut décidée. Sa date fut arrêtée et la daïra( sous-préfecture) devait se charger de lancer les invitations.

 

Au cours de cette séance de sensibilisation, Mr Boubekour  présenta aux invités les grandes lignes de son projet. Un débat s'ensuivit  et tout le monde applaudit à cette initiative.

D'autres réunions furent alors envisagées, avec à charge des propositions avec C.V. pour les postes de directeurs et les membres devant constituer les conseils de contrôle et de surveillance. L'idée fit le tour de la ville et reçut un accueil très favorable de la population. Après plusieurs rencontres au cours desquelles on décortiqua les dossiers des différents postulants, le chef de daïra arrêta  la liste des directeurs des quatre institutions et des membres de leurs conseils. Je fus alors désigné comme président du conseil de contrôle et de surveillance du théâtre municipal avec  Mr Mohamed Bouteben comme directeur, le chef de daïra gardait, pour sa part, le contrôle général sur les activités de chaque institution. Une charge de travail supplémentaire et une nouvelle responsabilité pesaient sur mes épaules. Le théâtre municipal, situé en plein centre de la ville, un bijou ou un diamant au doigt d'une belle femme. Il était, m'a t’on dit, la copie du petit Trianon ou de Paris ou une Scala de Milan en miniature. Mais son état, après une longue période d'inactivité, n'incitait pas à l'orgueil. La première réunion du conseil fut consacré à un état des lieux et l'on décida un toilettage général avant une quelconque reprise de l'activité théâtrale. Les moyens nécessaires à cette remise en état furent envisagés et la commune fut chargée de débloquer les fonds et de contacter les différents intervenants ou artisans. Petit à petit, le velours et la couleur devant envelopper les fauteuils d'orchestre, de balcons et de loges furent choisis, coupés et installés. Les différents corps de métiers: menuiserie, plomberie, serrurerie, sanitaire etc. avançaient, sous le contrôle vigilant du chef de daïra. Enfin, l’heure de la peinture arriva et l'on fut très exigeant sur cet aspect, voulant donner  à notre théâtre une coloration agréable. Quelques années plus tard, Jane une jeune Anglaise, la femme de mon beau-frère Naaman vint à Skikda. Elle était professeur de français dans un lycée à Lancaster et devait préparer une thèse sur le théâtre français. Elle entendit ma femme et mes enfants dire tant de bien de notre théâtre qu'elle me demanda de le lui faire visiter et y prit même des photos pour illustrer son travail….lorsque les travaux d'aménagement furent terminés,l'on songea à recruter le personnel nécessaire à son fonctionnement. Vint enfin  le moment d'élaborer les programmes d'animation et dés l'ouverture, il rencontra un très grande adhésion de la part de la population, notamment la jeunesse, sevrée depuis de nombreuses année de toute programmation artistique. Les spectacles présentés étaient très variés: pièces de théâtre, chorales, musique moderne, chaabi ou andalouse etc.…De nombreuses troupes étrangères y participèrent : française, italienne, turque, bulgare. Mais la représentation qui me laissa à l'esprit  le meilleur souvenir fut le ballet chinois qui vint à Skikda en 1983.

Ce ballet composé d'une quarantaine de jeunes danseurs, garçons et filles, anima sur les planches un spectacle plein de grâce et d'élégance, aux couleurs chatoyantes. Ce fut un ravissement pour les yeux. La responsable du groupe, une dame d'une cinquantaine d'années était membre de l'assemblée nationale chinoise, Avant le spectacle, et pour ne pas déroger à nos habitudes, nous organisions pour nos visiteurs, une petite excursion en autocar pour leur faire découvrir les beautés de notre ville.

Le bus partit de l'hôtel Es Salam où ils étaient hébergés et se dirigea vers la sortie de la zone urbaine, traversant ainsi le village d'oued-ksob, Fil Fila et revenant en longeant les belle plages de Ben–M'hidi pour terminer le circuit au niveau de la gare ferroviaire de la ville. Pendant tout le périple, un jeune interprète, assis entre la responsable et moi- même, traduisait les explications que je donnais et qui faisaient pousser de "oh" et des "hi" d'émerveillement aux jeunes danseurs. A la fin de la promenade, la responsable demanda à l'interprète de me transmettre ses remerciements et de me dire aussi: "Ah si on avait votre pays!" Parallèlement à l'activité du théâtre municipal, les trois autres institutions, dirigées par leurs conseil de contrôle et de surveillances, occupaient la scène artistique de la ville. L'école des beaux-arts, sous la coupe d'un peintre chevronnè, dispensait des cours à de jeunes élèves. Le conservatoire de musique donnait des leçon de violon, de piano, de guitare…et initiait à la danse rythmique . Ma fille cadette, Fatiha, était d'ailleurs inscrite pour la danse et le piano. A la fin de l'année, les présentations des élèves lors de la soirée de gala témoignaient d'une bonne assimilation. Le centre culture Issat Idir n'était pas en reste à travers l'organisation de spectacles varies.

Des quinzaines économiques et culturelles étaient également organisées dans la ville. J’étais souvent impliqué dans la préparation et le déroulement de ces manifestations. Il m'arrivait aussi, parfois de faire partie de délégations se rendant à Annaba, Constantine et surtout à Alger à la recherche de personnes ou de groupes pour participer à l'animation  de ces quinzaines. Skikda avait retrouvé des couleurs et de la joie de vivre.

La suite le lundi prochain.......

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