Lundi 12 Novembre 2007

 


M.Abdelmalek Belhadj - Mostafa dans mon bureau corrigeant les premières parties de ses mémores publiées dans srigina .
 Dimanche 28 octobre 2007 à 11h00




Préface

Monsieur Belhadj-Motepha est venu incidemment à l'écriture après sa mise à la retraite. Il a , au cours d'une carrière professionnelle de quarante ans, zélée et bien remplie, exercé successivement les fonctions d'enseignant, de conseiller pédagogique, inspecteur de la langue française, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture. Il a connu, durant sa vie, les souffrances et les privations de la deuxième guerre mondiale, les affres de colonialisme, l'exaltation et la foi de l'après -indépendance mais aussi le ressentiment et l'espoir souvent déçu. D'une plume acerbe, il pourfend la bêtise et l'infâmie et glorifie le génie et le sens de l'honneur. Idéaliste confronté aux réalités de la vie, il a été le témoin de quelques événements qui ont marqué l'histoire du vingtième siècle. Son autobiographie, agréable à lire, recèle quelques anecdotes succulentes et certaines facettes de sa personnalité.
safir


Voir  les parties précédentes en cliquant sur:

 (I); (II);  (III) ; (IV) ; (V) ; (VI); (VII); (VIII) ; (IX); (X); (XI); (XII); (XIII); (XIV). (XV); (XVI); (XVII); (XVIII); (XIX);(XX)

 
II- Ma carrière professionnelle
-  à Constantine
-  à Skikda
   . Secteur de l'éducation
   . secteur de la culture

 Mon poste restera vacant pendant une année, le directeur se contentant de travailler directement avec les chefs de bureaux restés après mon départ, une fois tous les problèmes de la rentrée aplanis. Ma circonscription était dirigée par Mr Messaci qui  avait accepté la responsabilité après le refus de Mr Djebbar, préférant rester au niveau, de son établissement, l’école El-Ghazali Mr Messaci avait transférée les bureaux de l'inspection vers uns salle de classe de l'école El-Amel à Mont plaisant. Comme secrétaire, il avait fait appel à Mr Chekkat Que Dieu ait son âme, un enseignant d'âge mur, qui exerçait à Zerdazas, dans la région d'EL-Arrouch. Mon retour obligea Mr Messaci à réintégrer la direction de l'école Boukoffa au Béni Malek. Connaissant Mr Chekkat, depuis de nombreuses années déjà, notre coordination se fit sans problème. Nous restâmes une année au niveau de l'école EL-Amel. Puis, pour me départir de la dépendance vis-à-vis de l'établissement et pour me rapprocher de la direction, je réussis à trouver un local composé des deux pièces, sis à la rue Bouzebra, prés du CEM El-Khawarizmi.Le soir, notre travail terminé, nous restions Mr Chekkat et moi de longs moments à discuter, notamment des programmes présentés à la télévision, des monstres sacrés du cinéma ou des vedettes de la chanson. Nous évoquions, par exemple, parmi les femmes Marlène Dietrich, Michèle Morgan, Ingrid Bergman,, Elizabeth Taylor Sophia Loren
et
parmi les hommes
Laurence Olivier, Gary Cooper, Jean Gabin

 

 

 

 

,Orsen Wells etc. Lors du passage  à la télévision du feuilleton "L'Incendie’’, adapté du roman de Mohamed Dib, nous discutions des événements qui se déroulaient dans la grande maison Dar Sbitar avec Aini comme vedette. Il nous arrivait parfois de rester après les heures de travail lorsque la discussion  prenait de la hauteur, ou alors carrément dans l'obscurité quand il y avait une panne de courant nous nous comparions souvent aux deux vieillards du Muppet show qui,de leur balcon, échangeaient leurs impressions sur Kermitt, Peggy la cochonne et leurs compagnons. Cela nous faisait bien rire. A notre décharge ,je dois dire que notre bureau était assez bien aménagé, ayant réussi à faire installer par la commune un appareil de chauffage et ayant ramené moi-même un petit frigidaire pour notre usage personnel. La décoration était également faite avec goût. Ces quelques moments de détente ne nous faisant cependant pas oublier nos obligations professionnelles : visites d’inspection, réception et traitement du courrier, réunions administratives diverses et parfois même enquête. Le travail de formation constituait mon cheval  à bataille: alors que les enseignants stagiaires étaient toujours convoqués , selon un calendrier annuel , à des réunions pédagogiques standard pour parfaire leur maîtrise du métier, les titulaires étaient conviés à des séances dirigées par moi-même, sollicitant leur réflexion au sujet de thèmes de pédagogie générale, tels l'influence éducatrice de la famille, la relation école- famille, les rapports parents enfants, l'éducation des enfants difficiles etc. Par ailleurs,et pour aider les enseignants à préparer leurs examens professionnels,notamment le BSC , brevet supérieur de capacité et le CAP ,certificat d'aptitude pédagogique , des cours de mathématiques  , des sciences physiques et de langue étaient donnés le soir, trois fois par par semaine , au CEM Lamrani. J'assurais moi-même les cours d'initiation  à la dissertation pédagogique. Je peux dire, en toute modestie, que nos efforts ne furent pas vains.

Pour les examens de titularisation, j'avais l'habitude de prendre avec moi en commission Mr Djebbar et parfois aussi Mrs Belouahem et Messaci. Notre travail de la journée terminé, nous rentrions gaiment. Mais le must se produisait quand Messieurs Djebbar et Messaci étaient ensemble, notamment lorsque le premier nommé se mettait en position pour chasser le "Zarzour" ou les étourneaux. Mrs Debbar et Messaci, un chaoui et un Kabyle, deux berbères en somme, mais qui n'étaient pas toujours  sur la même longueur d'onde et de nombreux éclats de rire fusaient  de la voiture jusqu'à notre arrivée à Skikda.

Les fins d'années scolaires étaient le moment des examens .J'avais la chance de pouvoir compter  sur une équipe dynamique et très efficace : des directeurs d'écoles et des jeunes pleins d'avenir composaient les différents secrétariats. Parmi eux, je citerai Messieurs Salah Djebbar, Mehieddine (dit Didine) Belouahem, Tahar Boussiala, Said Aissoug, Que dieu ait son âme, Zorgane Souici et Mahmoud Hassani, cousin de ma femme, surnommé Zatopek, sans doute parce qu'il était aussi rapide dans le calcul des totaux des élèves que l’était, sur les pistes, le fameux coureur Tchèque. Pour la  correction des épreuves, je convoquais l'ensemble du personnel titulaire de la circonscription, réparti par commission selon les épreuves à corriger. Je confiais la présidence de ces commissions à Mr Djebbar, Madame Djebbar et Mademoiselle Boucherkha, directrice de l'école Benbadis. Je choisissais cette école comme lieu de correction et de secrétariat car elle disposait de grandes salles de classe, ensoleillées et bien aérées et d'une vaste  cour propice aux moments de détente accordés aux correcteurs. Ces derniers étaient ,dans leur presque totalité,des femmes. Mais cela posait parfois problème à Mr Djebbar qui venait de temps en temps nous rendre visite au secrétariat; la raison en était bien simple : il supportait difficilement les effluves du mélange des parfums de la gent féminine. Mais le sérieux dans le travail était toujours de rigueur : vite fait, bien fait et dans la joie et la bonne humeur. Les bons résultats obtenus fournissaient également l'occasion pour organiser des fêtes de fin d'année et la distribution de prix aux meilleurs élèves. Deux écoles sortaient du lot pour la qualité de leurs fêtes: El-Ghazali et Benbadis qui présentaient des Sketchs, des marionnettes, des chants, des danses et des lectures de poèmes.

On Commençait alors à parler de l'école fondamentale. Je ne parlerai point  ici des ses principes, empruntés à d’autres, et qu'il serait trop long d'en discuter. Je me Contenterai de citer quelques-unes des raisons objectives qui ne pouvaient laisser entrevoir sa réussite en premier lieu, la réduction de la scolarité dans le cycle moyen ,ramenée de quatre à trois  ans ;l'insuffisance des locaux scolaires nécessaires au dédoublement des classes est un autre handicap ; par ailleurs ,l'insuffisance du matériel scientifique ne pouvait permettre la bonne manipulation et la bonne expérimentation, d'introduction d'une troisième langue dés la septième année alors que les deux autres, notamment le français n’étaient pas bien maîtrisées, et enfin ,la dernière difficulté,et non la moindre,est qu'elle est supposée être menée par des enseignants chevronnés, ce qui n'était, malheureusement, pas toujours le cas, surtout en zone rurale. D'ailleurs, les résultats du premier BEF, brevet d'enseignement fondamental, relatif aux deux classes expérimentales du Technicum de Skikda furent loin d'être probants. Et l'on généralisa l'école fondamentale.

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" On ne connaît rien de plus sublime que le torrentiel Ras el mehna, ce texte allégorique si admirablement chanté par El Bar Amar - la meilleure version jamais enregistrée"
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