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- A Constantine
........Je reçus ma lettre à Skikda, et pour moi il ajouta, à la main : mes affectueuses pensées, et les regrets d'une séparation qui sonna les glas des belles années d'enthousiasme et de foi........
(La séparation)
Oui! Enthousiasme et foi ont été les guides de notre action commune. Qu'elles furent courtes mes années passées à la "six" .Elles ne furent que trois, mais elles furent assurément, les plus belles années de ma carrière. Que mes Amis en soient vivement remerciés, même à titre posthume concernant Chaab Belhocine.
A l'origine de la séparation qui devait être effective dés le mois de janvier 68, il y avait l'examen du CAIP-DEN (Certificat d'aptitude à l'inspection primaire et à la direction des écoles normales ) institué par le Ministère de l'Education dés 1966 pour constituer un corps d'inspection. L'examen était scindé en deux parties : la première, de culture générale, la deuxième professionnelle. Je décidai de m'inscrire à la première partie et ma préparation devait se faire parallélement à mon travail de conseiller pédagogique. Ce n'était pas facile à assumer, à tel point que , me sentant fatigué, je décidai d'aller consulter un médecin à l'hopital. Ce fut un Bulgare qui m'ausculta et, à la fin de ses investigations me dit :" Monsieur, vous êtes surmenagé ".Revenu auprés de mes amis, je leur racontai l'événement et ce fut un moment d'hilarité à propos du mot surmenagé .
Les épreuves de la premiére partie du CAIP-DEN consistaient en une dissertation sur un sujet d'ordre général et une explication de texte tirée au sort parmi les quatre oeuvres qui étaient au programme :" Le pére Goriot" de Balzac, "Aurélia" de G. de Nerval, "Le nouvel esprit scientifique" de G. Bachelard et les écrivains algériens d'expression française (Dib, Mameri, Feraoun, Kateb Yacine, Jean Sénac, Malek Haddad, etc...).
Après quelques mois d'une péparation forcée, la date de l'examen arriva et je me rendis à Alger pour y subir les épreuves de la premiére Partie.En dissertation, je ne me souviens pas du théme autour duquel tournait le sujet, mais je pense avoir fait un travail convenalble. Arriva l'épreuve d'explication de texte. Ma main tira un poéme de Jean Sénac
et aprés un court moment de préparation, je me présentai devant le jury. Mais le texte était d'une simplicité telle qu'il me dérouta. Dans le poême un des vers disait: " Sur le rivage un enfant ramassait des coquillages". Par delà cette scéne, j'imaginai une symbolique d'antériorité de comparai les coquillages à quelques vestiges archélogiques. " Non monsieur, me dit un des examinateurs, le poète voulait simplement dire que sur le rivage, un enfant ramassait des coquillages". Au moment de la préparation, j'avais appréhendé le poéme sous un certain angle et la réalité était autre. Le reste de l'épreuve fut une suite de contradictions et malgré ma bonne dissertation, je fus ajourné.Dépité, je rentrai chez mon frére qui habitait prés du Palais du peuple (C'est une résidence officielle de la présidence de la République -webmaster-) et me mis à composer à mon tour un poème que j'intitulai " Que dire ", Que dire...Que dire..Que dire...Que dire, enfin d'un enfant qui sur le rivage , ramassait des coquillages". Je me souviendrai longtemps de ce vers et de cette image.
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage avait écrit Boileau
dans son Epître. Ne me décourageant pas, je me remis au travail pour une autre année, moins pénible et moins stressante. Le résultat ne se fit pas attendre et je parvenai à décrocher, enfin, la paremiére partie de mon examen.La deuxiéme professionnelle, comportait des cours de pédagogie, de psychologie, de législation scolaire, d'étude du milieu et des épreuves pratiques d'inspection d'enseignants et chefs d'établissements. Pour parvenir à une préparation idoine des candidats, le Centre National de préparation au CAIP-DEN avait demandé et obtenu du Ministére de l'Education leur mise en position de détachement pour une année scolaire, les cours devant se dérouler au Lycée Pasteur à Alger. Mais je ne pus rejoindre les collégues à la date avec mes amis de la " fixée par le Centre. Ma femme était enceinte et devait accoucher de jumeaux. Je sollicitai alors l'autorisation du directeur du Centre, Monsieur Djidjelli Mohamed qui fut, à Constantine, un de mes professeurs, l'autorisation donc d'intégrer le groupe quelques semaines plus tard. Ma femme choisit, non pas elle mais Dieu, le jour de mon départ pour accoucher dans la nuit, par un temps de neige. Mes deux enfants Moncef et Ahlem nés comme mois un jour de neige . L'autorisation obtenue, j'attendis que ma femme aille un peu mieux pour quitter Constantine car toute la famille devait partir avec moi sur Alger et eménager chez mon frére. C'est à ce moment-là qu'intervint, avec beaucoup de regrets et de déchirement la séparation "la six ".Une page venait d'être tourné dans ma vie
Photos
A gauche Jean Sénac
été 1951 photo T. Saulnier
Coll. bibl. de l'Alcazar, Marseille
A droite Nicolas Boileau
Portrait: École Française, XVIIe siècle
(Versailles))
La suite le lundi prochain avec un stage à Paris :c'était mai 68












Musique
Je vous invite à écouter cheikha Tatema, Hacene El-Annabi et d'autres
chanteurs du Malouf et du Houzi sur Algeriacolor
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" On ne connaît rien de plus sublime que le torrentiel Ras el mehna, ce texte allégorique si admirablement chanté par El Bar Amar - la meilleure version jamais enregistrée"
Lire l'article : Un poete
Ecouter la chansson: EL-Bar
Une autre version: El-Bar (2)