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Lundi 13 Août 2007

 M.Abdelmalek Belhadj - Mostapha continue de publier ses mémoires dans  srigina.
Durant sa carrière professionnelle, M Belhadj- Mostepha a occupé les fonctions d'inspecteur de français, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture de la wilaya ( Département )
Safir

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II- Ma carrière professionnelle
-  A Constantine
...............Notre circonscription couvrait, en plus de quelques écoles à Constantine, toute la zone rurale allant de Zighout Youcef (Condé Smendou) à Skikda.

Le travail, quoique éreintant, était passionnant. Le personnel placé sous notre coupe était, composé dans se presque totalité d'instructeurs, titulaires du brevet et de moniteurs ne possédant que le certificat d'études. Ces derniers devaient suivre des cours par correspondance de culture générale notamment en langue et en mathématiques et étaient soumis à des contrôles  périodiques d'évaluation pour les faire parvenir au niveau trois, terme de la formation. Ils devaient suivre aussi des chantiers culturels d'été qui se déroulaient généralement dans des lycées se trouvant dans des villes du littoral. Mais la principale formation était d'ordre pédagogique.Nonobstant les nombreuses visites dans les écoles, les enseignants étaient convoqués à des réunions pédagogiques hebdomadaires. Une discipline(langage, lecture, calcul, sciences, géographie etc...) était choisie et après un exposé sur les objectifs et les méthodes d'enseignement de cette matière, deux leçons étaient programmées : l'une, appelée leçon  d'essai était présentée  par un  enseignant débutant ,l'autre, leçon modèle par un chevronné sous les yeux de tout le personnel concerné. Un débat général puis des recommandations étaient mises en exergue en guise de conclusion.
Ainsi fut relevée, à bouts de bras, l'école algérienne, post-indépendance. Les efforts fournis, aussi bien par les encadreurs que les encadrés étaient
titanesque. Parmi ces derniers, je me souviendrai toujours de deux ex- moniteurs, l'un, Mohamed Kerraoui, que Dieu ait son âme, exerçait à l'école mixte d'Ain-Zouit prés de Skikda, l'autre dont je n'arrive pas à retrouver le nom, mémoire traîtresse, appelons -le Mr X, enseignait dans la daira (sous-prefecture) d'Ain-M'Lila. J'avais connu M.Kerraoui, tout à fait au début de ma fonction de conseiller pédagogique. Il était adjoint, en compagnie de trois autres enseignants et montrait déja beaucoup de zéle dans l'exercice de son travail. Je l'ai retrouvé, bien plus tard, comme directeur de la même école. Lors de la préparation des examens scolaires, il était  à la fois l'enseignant et père, collectait lui-même les documents nécèssaires à la  consitution des dossiers, ramenait ces derniers au niveau de l'Académie, affrétait un moyen de transport le jour de l'examen pour accompagner ses éléves et les résultats étaient presque toujours du cent pour cent d'admission. Au niveau de sa classe, en plus de la préparation minitieuse de ses leçons, il dispensait de grandes connissances pratiques très utiles à ses éleves dans le monde rural où ils  vivaient. Je crois lui avoir fait l'un de mes deux meilleurs rapports d'inspection de toute ma carriére. Dieu ne lui a pas permis de goùter au repos aprés un si noble travail. Il décéde deux ou trois semaines aprés sa mise à la retraite. Qu'un hommage solennel lui soit rendu aujourd'hui et que, Dieu le tout Puissant, le récompense demain, de tout le bien qu'il a fait. J'ai les larmes aux yeux en écrivant ces lignes.
L'autre, Mr X , commençait à prendre de l'âge et menacé de radiation contenu dans l'appelation T.P.R ( A tire précaire et révocale), devait subir dans une école d'Ain - M'Mila, un examen de titularisation. Il s'en sortit d'ailleurs fort bien. Mais, peu convaincu par l'efficacité de ses leçons, il attendit avec impatience, la sentence qui devait lui être communiquée. Après l'annonce du sucés intensément ému, il ne savait même plus parler. Il me dit, le respect seul l'empêchant de me sauter au cou:
 "Merci Monsieur, Merci Monsieur, Merci fort beaucoup"!
Ces deux exemples, parmi tant d'autres, relatent  ô combien, la foi et le sens du devoir qui animaient nos eneignants juste aprés notre indépendance.
LA fin de l'année scolaire arriva,.............................

La suite le lundi prochain...


Lundi 06 Août 2007
 M.Abdelmalek Belhadj - Mostapha continue de publier ses mémoires dans  srigina.
Durant sa carrière professionnelle, M Belhadj- Mostepha a occupé les fonctions d'inspecteur de français, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture de la wilaya ( Département )
Safir

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II- Ma carrière professionnelle
-  A Constantine
...............Le 5 Juillet 1962 arriva enfin,

Le 5 Juillet 1962 arriva enfin, et avec lui, l’indépendance chèrement payée. Ma  petite Vespa 400 rendit l’âme, victime de la surcharge supportée lors des nombreuses processions opérées à travers la ville.

Au  début du mois de septembre me parvenait une correspondance datée du 30 Août 1962, émise par le Ministère  français de l’Education Nationale, (document encore en ma possession) Direction du personnel et ayant pour objet  "le rattachement du personnel en fonction en Algérie avant le 1  Juillet 1962 " . Cette lettre me laissait le choix entre deux formules : soit continuer à enseigner en Algérie dans le cadre d’un protocole d’accord récemment conclu (coopération ) soit rejoindre mon poste de rattachement dans le département du Cher, en France. Le choix était –il possible en pareilles circonstances ! Je considérai la correspondance comme " nulle et non avenue "  et je décidai de rester dans mon pays pour éduquer des enfants bien de chez nous.

L’Algérie était confronté à de nombreux défis et celui de l’école n’en était pas le moindre. Pour pallier le départ massif des enseignants français, le Ministère de l’Education fit appel aux  quelques instituteurs algériens se trouvant dans le circuit : Les plus anciens pour assurer les fonctions d’inspecteurs, les plus jeunes pour former un corps de  conseillers pédagogiques. Pour l’ensiegnement, il recruta massivement jusqu’à accepter les personnes pourvues du seul certificat d’études.On les appela moniteurs ou T.P.R. C’est à dire recrutés à titre précaire et révocable. Pour ma part, j’entamai ma cinquième année d’enseignement au niveau du collège. Un collégue Acheuk –Youcef Abdelouaheb ayant décidé de suivre le stage de formation des futures conseillers pédagogiques, m’en parla et m’accompagna à l’Académie de Constantine où je devais faire acte de candidature en vue de la même promotion. L' Académie de Constantine avait eu la chance d’avoir pour premier responsable M. Abdelkader Ben Mohamed, un ancien du lycée Franco- Musulman, parfait bilingue et  poète à ses heures, un homme aux grandes  vertus morales et humaines.

Ma candidature acceptée, nous partîmes à Alger où devait se retrouver la deuxième  promotion des  conseillers pédagogiques. Je fus classé parmi les bilingues et notre stage, se déroulant à l’Ecole Normale de Bouzaréah, durera une dizaine de jours. Lors de la rentrée scolaire suivante, les affectations arrivèrent et je fus mis à la disposition de l’inspection d’académie pour un poste rural. Finalement, c’est au niveau de la circonscription de Constantine 5 que je me suis retrouvé, comme  francisant avec comme collègues, un inspecteur et un autre conseiller pédagogique. Notre circonscription couvrait, en plus de quelques écoles à Constantine, toute la zone rurale allant de Zighout Youcef (Condé Smendou) à Skikda.

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Lundi 30 Juillet 2007
 M.Abdelmalek Belhadj - Mostapha continue de publier ses mémoires dans  srigina.
Durant sa carrière professionnelle, M Belhadj- Mostepha a occupé les fonctions d'inspecteur de français, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture
Safir

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II- Ma carrière professionnelle
-  A Constantine


Nous étions alors au début du mois de septembre de l'année 58 et j'ai appris, bien plus tard que l'administration coloniale m'avait  gratifié d'une belle récompense  pour mon début de carrière, sans m'en faire la notification : un blâme, infligé pour avoir obéi  à l'ordre de grève d'une semaine décrété par le FLN ( Front de Libération Nationale )en janvier 57.
C'est également durant cette année 58 ,et un certain 13 mai que, remontant la rue Georges Clémenceau , et ratissant  large, les soldats de l'armée française nous poussèrent , contraints et forcés, pour nous parquer  sur la place de la Brèche.Ce jour -là  le général De Gaulle, du haut du balcon du Théâtre Municipal, devant annoncer son Plan de Constantine et , si mes souvenirs sont exacts, lancer son  mémorable "Je vous ai compris ".
Sur le plan professionnel, j'avais sollicité mon passage du primaire à l'enseignement  moyen. L'administration donna satisfaction, mais seulement pour enseigner une matière que ni français ni  juif ne pouvaient dispenser: la langue arabe, considérée alors comme langue étrangère. Nous étions trois algériens, chargés de la même tache sur une trentaine de professeurs au CEG de stade Turpin, aujourd'hui Benabdelmalek.
Habitant assez loin de l'établissement, je décidai d'acquérir une petite voiture à deux places, une Vespa 400, mais pour y parvenir, il fallait traverser le quartier  Saint- Jean, fief des européens et plus tard de l'O.A.S
Tous les matins, je faisais ma prière et je ne savais pas si j'allais rentrer le soir. Combien de vois avons-nous aussi, mes élèves, et moi dû rester enfermés dans une classe pendant la pause de midi pour ne pas nous retrouver nez à nez avec des forcenés remontant du cimetière européen après avoir enterré un des leurs, assassiné .
Une autre embûche se présenta également devant moi. Le bureau de bien faisance situé dans ma rue venait d' être squatté par une S.A.U ( section administrative urbaine ) ou services psychologiques de l'armée française dirigés par un capitaine. Celui- ci, me voyant passer matin et soir pour me rendre à mon travail, finit par m'appeler un jour .
Dans la ville , des informations circulaient pour dire que la France cherchait à organiser une troisième force ! Ignorant tout ce que supposait cette idée, je me rendis chez le capitaine et  m'aperçois qu'il était au courant de tous mes faits et gestes et de toutes les informations me concernant.
Il me reçut correctement, me fit asseoir puis me dit :" je vous observe depuis quelques jours, vous me semblez être un garçon sérieux, je vous propose de vous faire suivre une formation dans l'Ecole Nationale d'Administration en France pour devenir après Sous- Préfet " . Interloqué par cette proposition à laquelle je ne m'attendais pas du tout, je remerciai poliment de cette sollicitude et demandai à réflèchir .Plusieurs jours passèrent sans que je communiquai ma réponse. Le capitaine me rappela . Alors, tenaillé par la peu de la réaction qu'allait provoquer ma réponse, je dis, presque en balbutiant :" Vous savez, mon capitaine, j'aime les enfants, j'ai choisi mon métier par vocation et je ne me vois pas dans la peau d'un administrateur ".
Il me fixa longuement, et je compris qu'il avait compris....
Le 5 Juillet 1962 arriva enfin,.....................


La suite le lundi prochain.

Lundi 23 Juillet 2007
Les mémoires de M.Abdelmalek Belhadj - Mostapha  publiés par srigina.
Monsieur Belhadj - Mostaphaa
 
occupé les fonctions d'inspecteur de français, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture.

Safir

 Les parties précédentes  :

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (1)

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (II)

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (III)

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (IV)

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II- Ma carrière professionnelle
-  A Constantine

Vers la fin de la deuxième année et ayant épuisé mon sursis d'incorporation militaire, je fus convoqué au centre de tri de Téleghma et contre mon attente, je fus déclaré
 " Bon pour le Service".
Je fus alors embarqué vers la caserne de

Monthèry, près de Paris, où résidait le Régiment du Train. La camionnette qui nous ramena de la gare, quelques autres conscrits arabes et moi-même, nous jeta, en pleine nuit, devant une baraque qui servait de bureau de renseignements." La nuit porte conseil " dit le proverbe et ce soir-là, ce fut bien vrai. Moi, qui ne possède pas un gramme de malice, allait me transcender.
Aux premières lueurs du jour, je simulais un évanouissement. Je fus ramassé vers  l'infirmerie de la caserne, où je dus rester prés de deux mois ( l'été 58). Je laissais ma famille sans nouvelles, de peur de dévoiler mon stratagème. Le médecin capitaine, un juif, ma parlait en arabe, et je me gardais bien de lui répondre en français. Durant cette période, je dus faire preuve de tonnes de patience pour ne pas réagir aux " gentiellesses " racistes des infirmiers, logés dans la même salle, de l'autre côté d'un rideau. Un jour, bousculé par une épidémie de grippe et excédé par ma présence à l'infirmerie, le médecin décida de m'envoyer au conseil de réforme. Pour permettre l'établissement des documents necessires, je dus décliner mon identité, les diplômes que je possédais et la fonctions que j'exerçais. Dès cet instant les regards changèrent à mon égard, à commencer par celui du capitaine et pendant plusieurs jours, j'eus peur qu'il ne changeât d'avis.
Heureusement, il s'en fit rien. Au contraire, il men demanda de le seconder lors de l'arrivée de nouveaux conscrits français. Je fus enfin ramené à Marseille, expédié en bâteaux et libéré à Constantine.

La suite le lundi prochain.....


Lundi 16 Juillet 2007
Srigina continue  à publier les mémoires de M. Abdelmalek Belhadj - Mostapha  qui a occupé les fonctions d'inspecteur de français, sous-directeur de l'éducation et directeur de la culture. Au nom de tous les lecteurs ,je le remercie et j'éspére qu' à travers ses mémoires on va apprendre beaucoup de choses.
Safir

Avant de suivre cette partie, je vous invite à jeter un coup d'oeuil sur les précédents articles :

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (1)

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (II)

Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujord'hui (III)




II- Ma carrière professionnelle
-  A Constantine
Malik (Abdelmalek Belhadj-Mostepha ) en galante compagnie :
les maitres de la musique : Beethoven .Chopine.Mozart
Cité universitaire . Paris Juillet 56

Le jour de la  rentrée arriva , ex pour me soumettre au régime d'internat obligatoire, je dus quitter ma famille, ma maison. Les conditions d'accueil étaient convenables : chambre individuelle, réveil au gazouillis des oiseaux, foyer, jardin, terrain de sport, nourriture abondante. Mais lorsqu'on nous servait du civet de lapin au repas, l'économe ne s'aventurait pas au réfectoire. Dés qu'il  y mettait les pieds, tous les élèves se mettaient à miauler .C'est vrai qu'il  y avait beaucoup de chats à l'intérieur de l'école .Tous les matins, le directeur passait en revue les quatre sections .
On appelait cela " Le rapport ". Le programme de travail consistait en des cours théoriques dispensés au sein de l'établissement: pédagogie, psychologie de l'enfant, législation scolaire, morale professionnelle, français et histoire géographie. Par ailleurs, nous devions suivre sous la  tutelle des maîtres des écoles d'application des stages pratiques dans les différentes classes du cycle élémentaire.
Tout se passait bien. Un jour, cependant, un incident, malheureux et cocasse à la fois , se produisit. Le maître d'application devait prendre un congé de paternité et je fus alors chargé, seul, de la conduite de la classe, un cours élémentaire. Par souci de donner plus de concret à une leçon de sciences sur le chien, j'avais demandé aux élèves d'en ramener un. Mais le lendemain matin, ce n'était pas un, mais une douzaine ou une quinzaine de chiens étaient là. Les plus petits jappaient, les plus gros aboyaient bruyamment,les élèves s'agitaient dans la cours,le directeur hors de lui... Enfin la cloche sonna. Les enfants s'alignèrent devant leurs classes et l'on dut ,péniblement , en fermer les chiens dans un réduit. On ne garda qu'un petit pékinois comme support à la leçon. J'en fus quitte pour quelques remontrances du chef d'établissement et la leçon fut retenue.
 La fin de l'année arriva et tous les élèves passèrent avec succès l'examen de sortie:
 le C.F.E.N (Certificat de fin d'études normaliennes ).
J'eus, la chance d'être affecté dans une école peu éloignée de chez moi, l'école Arago où je devais rester deux années.

à suivre le lundi prochain....


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